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Les collaborations avec les institutions culturelles    toulousaines

1. Avec le Théâtre du Capitole et l'Orchestre de Chambre :
    un ciné-concert : L’Arlésienne d’André Antoine
    avec l’Orchestre de Chambre et le Choeur du Capitole

Le 2 février à 20 heures

Une collaboration exceptionnelle entre l’Orchestre de Chambre de Toulouse, la Cinémathèque de Toulouse et le Théâtre du Capitole.

Un film d’André Antoine (1922), musique de Georges Bizet (1838-1875).
> Direction musicale de Gilles Colliard
> Orchestre de Chambre de Toulouse
> Choeur du Capitole
> Direction Patrick Marie Aubert
L’Arlésienne d’André Antoine


Dernier film réalisé par André Antoine au printemps 1921, L'Arlésienne fut portée à la scène en 1872 par Alphonse Daudet lui-même, sur une musique de Georges Bizet, mais elle ne remporta de véritable succès que lors de sa reprise au Théâtre de l'Odéon en 1885.
L'histoire en est aussi simple que mélodramatique : Frédéri délaisse sa jeune fiancée pour se consacrer à un amour exclusif et désespéré envers une belle Arlésienne que l'on ne verra jamais... sauf dans cette adaptation où – contre la volonté de la veuve de Daudet – Antoine la fit apparaître à l'écran. Comme c'était l'usage à l'époque du Muet, la partition originale de Bizet avait fait l'objet pour les présentations publiques d'un arrangement comprenant de larges extraits de L'Arlésienne, mais aussi de Carmen, ou encore de fragments de Gounod, Massenet et Reynaldo Hahn.

Appuyé par Léonce-Henri Burel, l'un des plus grands chef-opérateurs du cinéma muet, porté par des décors naturels incomparables (les paysages de Provence, les arènes et le cloître Saint-Trophime d'Arles), Antoine sut puiser pour cet ultime opus dans les ressources d'un réalisme qu'il avait inventé trente ans plus tôt au Théâtre-Libre. Jusqu'à la fin de sa carrière en effet, celui qui fut le grand rénovateur de la scène théâtrale à la fin du XIXe siècle prétendit faire souffler sur le cinéma un vent de liberté dont ce film est le témoignage. « Si j'avais vingt ans de moins, écrivait-il en 1921, au lieu de bavarder, je ferais le Cinéma-Libre, libre des routines, des combinaisons, des trusts et des paresseux qui l'ont mené là où il est tombé ».
Christophe Gauthier

Il apprend que la belle a déjà un amant et il renonce à l’épouser. Il se tue pendant la nuit de la Saint Eloi. Alors qu’il dirigeait le Théâtre de Vaudeville, Leon Carvalho commanda au jeune Georges Bizet une musique de scène. L’oeuvre fut un échec total et dut être bientôt retirée de l’affiche. Elle triompha, mais au plus tard, quand Bizet n’était plus là pour se réjouir du succès. Directeur de l’Odéon, André Antoine ne cessa de défendre ce singulier chef-d’oeuvre. En 1921, il en tourna une version pour le cinéma muet où brillent Gabriel de Gravonne, Berthe Jalabert et Lucienne Bréval, auguste tragédienne de l’opéra français, créatrice de la Pénélope de Fauré. Les paysages de Daudet y sont exaltés par Léonce-Henri Burel, l’un des plus grands directeurs de la photographie de l’histoire du cinéma, collaborateur d’Abel Gance (J’accuse, Napoléon) et de Robert Bresson (Le Journal d’un curé de campagne, Le Procès
de Jeanne d’Arc).
Christophe Ghristi
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